~GwD a écrit le 2 mai 2007 10:44
Benzo et moi (fiction)
You and me…
D’abord 2 parce que je n’en pouvais plus. 2 toutes petites, si petites qu’elles n’inspiraient aucune crainte, ni aucune confiance.
2 parce que j’ai perdue la notice et je ne sais plus quelle était la dose maxi. 2 parce que je me sentais tellement seule.
2 c’est bien, c’est ni trop, ni pas assez, ce n’est ni dangereux ni raisonnable. C’est un caprice d’enfant gâtée, c’est un jeu d’ado dépressive, c’est une façon de dire je n’en prends pas juste un, je n’en prends pas 14 non plus.
Il y avait 14 cachets sur ma plaquette. Est ce que ces 14 cachets auraient suffit à m’envoyer ad patres ? Combien en faut-il pour juste me faire dormir et ne plus jamais me réveiller ?
Après ce soir là, il n’en restait que 12.
Puis il y a eu un autre soir. J’étais bien moins malheureuse que le premier, mais assez tout de même pour souhaiter me reposer calmement et sans rêves.
J’en pris 3 parce que je n’avais pas vu de différence entre mon sommeil agité et plein de rêves étranges où il me souriait et ce sommeil chimique qu’on m’avait promis « abrutissant et sans rêves ».
3 parce que c’est un chiffre magique. Telle une incantation, j’en ai pris trois en faisant le vœux de me réveiller dans la peau d’une autre, de me réveiller dans un monde parallèle, de me réveiller 10 ans plus tard.
3 c’est mieux que 2 aussi, c’est un pas de plus vers la folie, un pas de plus vers un demain qui me guette depuis si longtemps. 3 c’est la promesse que tout peut arriver. 3 c’est l’assurance que rien ne sera plus pareil.
Mais le réveil fut identique, à la différence de cette sensation désagréable en bouche, et de quelques courbatures, le monde n’avait pas changé…
Il me reste donc 9 cachets dans la boite. Est ce que ce soir j’essaye 4, est ce que ce soir je la jette et je démarre une autre histoire ? Est ce que ce soir, je prends les 9 en fermant les yeux.
Souvent je me demande si au fond de moi, il y a quelque chose de bien. On m’a tellement répété que je ne serais jamais heureuse. On me répétait sans cesse que je ne méritais pas, que je resterai seule. Je suis restée seule.
On m’a souvent traitée de pute aussi, de salope, de fille facile… Et regardez. !
Avec le temps, je me rends compte qu’on a tous une histoire. Je regarde le fond, je m’occupe peu de la forme, je cherche, parfois je trouve.
C’est laid, c’est noir, c’est acide.





Je fais pareil avec la bière.
J’en sors aussi tout courbaturé.
Entre fiction et friction.
Et arrête de jouer avec les allumettes !