~MarkuS a écrit le 14 février 2007 02:28
De l'insoutenable légèreté de l'hêtre
C'est beau un hêtre, c'est majestueux. Avec sa cime élancée, ses feuilles des fois tombantes. C'est troublant, c'est léger, c'est insoutenable. Mais tout le monde s'en fout. Moi le premier.
Je pourrais vous parler du Mélèze (the Larch pour les intimes, comme Owen) mais d'autres l'ont fait bien mieux que moi, et de plus avant moi.
C'est que je dois pas être bien pour écrire un billet d'humeur à 2h09 du matin (avoue, cher lecteur ou lectrice que j'adore même si je ne te connais pas encore, que tu aimes la précision métronomique de ma prose. J'aime bien ajouter des heures par ci et par là, ça fige mon texte dans le temps et lui donne un résultat fini. Où j'en étais? Ah oui) et de plus, pour parler d'hêtres. Ou de mélèzes (mais si peu)
Tout à l'heure, plus tôt dans la soirée (bon, disons aux alentours de 19h57) j'ai vu quelque chose qui m'a retourné le coeur -- tiens, preuve scientifique que j'en ai encore un.
Non, mais sans cynisme, même si ça va être dur : derrière chez moi, il y a un pont piétonnier qui se nomme la passerelle. Et là, alors que je me rendais vers le théâtre ou j'officie, en prenant donc ce pont, cette passerelle, derrière-moi une figure « connue » du quartier où j'habite. Enfin, connue, par on dit, par mots passés sous le manteau. C'est un proxénète. Et si l'on doit suivre les rumeurs, pas un petit. Physique peu avenant, grand, gorillesque et dans la stature et dans le faciès. Et à côté de lui, une frêle jeune fille d'à peine 20 ans, peut-être 22, pas plus de 24... Et elle était avec lui, ils marchaient côtes à côtes et se dirigeaient vers le quartier, au-delà de la passerelle, lieu de perdition, de drogue et de prostitution. Elle avait l'air des plus normales, juste au sortir de la vie. Et je me disais -- bordel, c'est pas possible, elle va se retrouver à faire le trottoir. J'en ai eu le coeur retourné, puis ils s'en sont allés. Et moi aussi, un peu plus gris dans ma grise vie...
Alors, on regrette mes histoires sur les hêtres?
Mon titre vous avait prévenu. Hêtre. Légèreté. Insoutenable.
Et dire que déjà maintenant , et tout -à-l'heure, des milliers de gens vont dire des je t'aime dans des milliers de langues
Mais aussi des milliers de gens vont vivre sans ces paroles, quelle que soit la langue. Ça, toute suite, ça casse la fête hein.
Et même mon « billet » va se retrouver noyer dans des milliers (bon, j'avoue, j'exagère) de « billets » de je t'aime
Au final,
j'aurais dû rester à mes histoire d'hêtres.
Ou de pas hêtres.
Des mélèzes par exemple...





"Le bolet suit le mélèze comme les dauphins le navire."
(un prof de botanique inspiré)