~Sophie a écrit le 20 septembre 2008 18:05
Les feuilles mortes
Ce que j'ai froid.
Ma vie est loin de respirer du vicks fraîcheur mentholée mais ça va, au moins, je débute cette année en sachant bien où j'en suis, mes objectifs sont clairs et précis. Je ne vais pas encore emprunter dix mille chemins pour arriver à mes fins.
Toujours en parlant de motivation, je pense que je vais aller voir un psychologue. Je m'attends évidemment à un potentiel sourire chez mes lecteurs qui se diraient "pour mieux apprendre le métier", mais non, je l'ai déjà dit, je ne veux pas être psychothérapeute, je veux être critique. Critique de cinéma. C'est là que j'entends déjà des rires préenregistrés me demander pourquoi alors je me fais chier à étudier de la psycho, et surtout, je vous vois vous tordre de rire en disant que je bâcle mes articles cinéma. Vous n'avez pas tout à fait tort, je vous l'accorde. Pour les études, j'ai un bac à faire pour accéder au master qui m'intéresse, et je peux faire n'importe quel bac en fait, c'est pourquoi je préfère faire psycho, ça m'intéresse plus que communication ou même chimie. Pour les articles, je passe peut-être beaucoup de temps sur pc, mais ce n'est pas comme si j'avais tout mon temps pour faire des articles, je l'avoue. Je suis quelque peu gênée de mes productions, que je ne juge pas assez abouties. Mais peu importe, je sais que je peux faire mieux, et sans entrainement, je ne peux arriver à rien.
Donc, je disais que je pensais aller voir un psy. Ma dépression nerveuse n'est pas si loin que ça, elle ne l'est jamais d'ailleurs. Néanmoins, il est temps de prendre les choses en main : j'ai fait le plus gros par moi-même, je continue inlassablement mon auto-analyse, mais je pense qu'un petit coup de pouce peut m'aider. Et j'ai besoin de quelqu'un qui ne va pas me sortir ce que les amis ont le don de sortir, que ce soient des phrases bateaux touchantes ou des silences confus.
Un psy. Une année bien débutée (Sophie qui bosse sérieusement dès la première semaine, yeah). Que demander de plus ?
Tellement, je n'ai jamais assez.
Un étrange vague à l’âme s’empare de moi. J’ai l’impression d’être passée, depuis deux ans, à côté de tellement de choses, d’avoir oublié ce qui avait de l’importance autrefois. Par exemple, je pense à toi Meryl, beaucoup. Tu es toujours une sorte de modèle vestimentaire pour moi, mais, surtout, une sorte d’étincelle dans ma grisaille. Je suis toujours la fille sur laquelle tu écrivais « elle marche seule sur le trottoir, en contre-sens par rapport aux autres ». Je me nourris toujours de lubies qui m’amusent un instant, puis me dépassent la seconde d’après. Parfois, tard dans la soirée, je me demande où tu es, ce que tu fais, et je m’en veux d’oublier souvent de t’appeler, ou même de te donner un rendez-vous. Tu étais comme un arc en ciel dans ma vie. Le temps est passé, les dés n’ont plus voulu être simplement jetés, ils se sont envolés dans l’immensité du ciel… Toi à Bruxelles, moi à Louvain. Toi, occupée, moi, préoccupée, comme toujours.
Je pense aux autres aussi. A ceux que j’ai eu l’illusion adolescente d’aimer, et qui sont tombés dans le trou noir d’oubli. Puis, au présent, à ce qui se trame en cet instant même. Si, si, si, je ne les compte plus. La chute des feuilles rime avec nostalgie profonde et hideuse.




