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L'équipe Orbideo vous présente ses Meilleurs Voeux pour 2009 !

MC8wMDAvMDg5LzAwMDAw ~Solhaan a écrit le 10 septembre 2008 20:45
Mon meilleur ami.

L'amitié. Un mot qui m'était complètement inconnu à l'époque. Un mystère pour moi et pas pour les autres. Jusqu'à mes 13 ans je n'avais jamais eu de véritable ami. J'ai toujours eu des connaissances, des copains, des potes. Vous devez vous demander comment on peut savoir ne pas connaitre un sentiment quand on ne sait mème pas qu'il existe. Tout simplement en comparant l'amitié entre les filles et celui entre les garçons. Ce qui me fascinait au collège, et que je ne comprenais pas, c'était les filles qui ce disaient ètre "les meilleurs amies du monde". Elles ce promettaient d'être marraine du futur enfant de SA meilleur amie, elles étaient toujours ensemble et, mème si elles avaient passé toute la journée ensemble, elles avaient toujours des trucs à se dire, interressant ou pas. Les relations amicales féminines étaient (et sont toujours) poussées à l'extrème. Comme si elles avaient un besoin vital d'être entourées d'une ou plusieurs personnes en lesquelles elles pouvaient toujours avoir confiance, mais surtout des personnes qui les rassuraient sur elles mème. Une relation fusionnelle qui, au collège, ne tient que par un fil de coton. A la moindre réflexion de travers ou à la moindre parole n'allant pas dans le sens de l'autre c'est la déchirure. Une amitié de fille au collège c'est trés fort mais trés fragile. Bref, il était presque scientifique de voir ces petits groupes s'aimer et ce dissoudre et ce réconcilier pour ce refissurer.

Je ne connaissais pas cette relation du coté masculin. Des amis je n'en avais pas, donc mon seul repaire c'etait l'amitié entre les filles de ma classe.

L'été 1993 ce passa comme tous les étés : de la chaleur, du soleil et de l'ennuie. Jusqu'au jour où, en allant chercher du pain à la boulangerie de mon village, je croisais un garçon que je ne connaissais pas du tout, et, vu que je connaissais tout le monde dans ce petit patelin de 1000 habitants (et je ne faisais rien pour) je vis rapidement qu'il était nouveaux ici. Il ne me fit pas une grande impression sur le coup. Juste un truc à raconter aux autres garçons de mon age qui trainaient au terrain de foot. Au moment de le croiser il me dit "Bonjour". Je fus trés étonné. Pourquoi ce garçon que je n'avais jamais vu me saluait ? En le croisant je le regardais plus attentivement et découvris qu'il était aussi blanc qu'un cachet d'aspirine et qu'il avait les cheveux d'un noir trés sombre. Je ne sais pas pourquoi mais je ne lui répondis pas. J'avais prit son "Bonjour" comme une agression. Je ne me retournais même pas. Je sentis une grosse deception de son coté ce qui me fit me sentir trés mal. A la boulangerie en faisant la queue je n'arrétais pas d'y penser. Aussi, comme je pensais à un garçon que je ne connaissais pas cela me mit mal à l'aise. Pour penser à autre chose je le classais tout de suite dans la catégorie "sans ami" et donc futur tête à claque du collège. J'avais un peu pitié pour lui qui allait  arriver dans mon collège, mon territoire. Je le voyais déja perdu au milieu des petits caïds de l'établissement. "Pourvu qu'il ne tombe pas dans ma classe". Le pain à la main (et les 2 coins croustillants déja mangés) je marchais tout en imaginant ce qu'il fairait dans telle ou telle situation.

Rentrée des classes. Premier jour.

Comme vous le savez sûrement les rentrées de classes au collège me font toujours rire : à voir cette masse d'adultes et d'enfants tous serrés les uns contre les autres alors qu'il fait 35°, attendant de voir la tête des profs ou du nouveau directeur, et surtout, de voir avec qui on va tomber dans la classe. Moi je m'en foutais complètement, la classe serai toujours la même : le groupe d'intellos, la bande de rebelles, les neutres qui basculeront tôt ou tard du coté des rebelles, le souffre douleur, la fille la plus belle de la classe, le mec le plus beau de la classe (qui est dans la bande de rebelles) et moi. Donc à l'appel de mon nom pour la classe 5èmeE je ne bondis pas de joie en voyant qui était avec moi. La seule chose qui me rassurait c'était que l'inconnu qui m'avait dit bonjour n'était pas en vue...

Premier cour avec le professeur prinicipal qui vous demande d'écrire votre nom et prénom sur un bout de feuille à mettre devant soit sur le bureau. Moment que j'adorais car il y avait toujours un élève pour demander "Comment on la plit la feuille?" cette question faisait toujours rire la moitié de la classe ; pas moi. Je trouvais ça complètement débile, et tous les ans on y avait droit. Cette question qui, mème si c'était pour avoir un premier contact avec le professeur, vous faisait passer pour le premier des crétins, et le premier jour de classe mieux vaut éviter ce genre de réputation. Début du cour, notre professeur principal nous demande de remplir un petit questionnaire sur nos hobbies, la profession de nos parents, ou ce qu'on a envie de faire plus tard. Comme je savais que ce questionnaire ne serait jamais lu, et donc qu'il ne servirait à rien, je répondais toujours à ces questions par : "Parler à Edward le copain que j'ai dans ma tète, voyante et nutritionniste pour aveugle cul-de-jatte" et pour "ce que j'avais envie de faire plus tard", j'écrivais à chaque fois que : "de toute façon on allait tous mourir dans une explosion atomique et que donc, mon futur métier serais croque-mort". Je rigolais des fois tout seul à ma table au fond de la salle, coté fenètre, du fait que j'écrivais n'importe quoi, alors que les autres, penchés sur leur feuille, écrivaient assiduement et trés sérieusement comme si c'était la première interro de l'année. Tout à coup la porte s'ouvrit. Un pion rentra et dit à notre professeur "Il y en a un autre". Et soudain, qui surgit dans le cadre de la porte ? Le garçon aux cheveux noirs. Comme j'ai toujours eu beaucoup de chance la seule place libre est celle à coté de moi. La première chose que j'ai pensé à cet instant c'est que l'année commençait bien.

Il s'assoit, je ne le regarde pas. "Bonjour". C'est pas vrai, il recommence. Je me tournais vers lui pour lui envoyer un "Ta gueule" bien placé mais nos regards ce sont croisés et tout est devenu trés simple d'un seul coup. Il y avait dans son regard quelque chose de froid mais de rassurant. Je ne pus lui lancer mon "Ta gueule". A la place je lui demandais s'il était nouveau ici. Détail que je savais trés bien, mais ce fut la seule chose qui me traversa l'esprit. Ce regard ne dura qu'une seconde, mais c'est comme si il y avait eu une longue conversation de plusieurs heures. Quelque chose de presque mystique était passé dans cette seconde. Juste aprés, on revint sur notre questionnaire, mais nous avions déjà comprit qu'on n'allait plus ce quitter. On le savait tous les deux. C'est trés étrange cette sensation d'ètre comprit par une personne qui, en 1 seconde, passe du parfait inconnu à une sorte de continuité de soit mème. Un 3ème bras en quelque sorte, bien qu'un 3ème bras ne serve pas à grand chose (pour ce gratter le dos peut-ètre et tout dépend où il est placé. Bref). Un petit sourir vint ce glisser sur mes lèvres. Effectivement, l'année commençait bien.

C'est avec lui que j'ai rencontré la "première fille". C'est avec lui que je découvris le monde, les premières dragues, les soirées entre amis, la cuisine, le pire jour de ma vie. Il me fit découvrir les week-ends à l'arrache, les idées folles, le monde de la nuit,  la composition de musique, le mix, la mode, le yoga, les yokaïs, le fait d'avoir envie de faire quelque chose et de le faire. C'est lui qui me consolait lors de mes chagrins d'amour ou autre et qui me remontait le moral, avec une certaine facilitée. Je découvris une amitié fusionnelle avec une personne qui me ressemblait enfin. Un double en quelque sorte. Une amitié comme celles que je ne comprenais pas quand j'étudiais les filles de ma classe. Pour tout ce qui m'a fait évoluer à partir de la rentrée des classes 1993, il fut avec moi. Ce qui veut dire que dans mes prochains textes il sera présent. Je vous présente Jonathan. Mon meilleur ami. Il l'est toujours et pour la petite histoire, je suis le parrain de son fils.

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