~steuh-95719 a écrit le 28 août 2008 19:03
Where The Rainbow Ends
Le patron rentre de ses vacances, tout bronzé, mais pas tout nu. Mais j'irais pas jusqu'à dire que c'est dommage, non. Gentil, pas hautain, visiblement surbooké. On sent que c'est la rentrée...Autour de moi, c'est l'effervescence et je me sens comme une plante verte qui ne pense qu'à respirer. Respirer calmement. La candidate assistante commerciale a préparé une liste de 8 questions qu'elle a soigneusement entourées, comme à l'école. Elle s'excuse à chaque fois qu'elle en pose une, mais l'autre joue le jeu.
Je me laisse bercer par le métro. Je me souvenais pas que ça allait si vite. Je m'approche avec prudence des portes de sortie, c'est là qu'on reconnaît la bouseuse en puissance. Adieu pour de bon ma citadinitude.
Je préfère regarder les gens que je croise et essayer de deviner lesquels ont tiré un coup hier soir. Elle, non. Lui, oui. Elle, oui, et sa copine, oui et re-oui même. Lui, non. Lui, oui. C'est plus facile de deviner sur les hommes. Ils marchent de manière détendue.
26.08.08 : Bing Crosby chante "Where The Rainbow Ends" sur la chaîne et c'est toute mon enfance qui me surgit à la gorge. Le père sifflait toujours cet air dans les couloirs de Paris 8 et c'est la première fois que j'entends le morceau en vrai.
Mes filles sont mes remparts. J'ai toujours une excuse pour reculer d'un pas. "oué mais ça ira pas le mercredi elles vont à la danse". Ben tiens. Mais j'en ai conscience. C'est pas travailler qui me fait peur. Au contraire même. Ce sont les gens qui me font peur. Tous ces gens qui s'agitent. Et qui savent pas pourquoi ils s'agitent. Pour en profiter 5 semaines par an? Pour se payer un restaurant? Pour le dernier écran plasma? Je peux pas devenir comme eux, et si je reste trop longtemps à leur contact, si ça se trouve, je finirai comme ça. Et ce sera le début de la fin. C'est moi qui emmène les filles à la danse. Point.





t'as ben raison!