~Solhaan a écrit le 11 août 2008 18:40
Mes premières vacances d'ado...
Le trajet retour des vacances dans la voiture de mes parents était toujours un moment de Noman's land.
On a encore l'odeur de la plage et de l'océan dans les narines, du sable est encore collé sous la glaçière et les tongs, on porte des vètements qui ont séché sur le fil à linge à coté des serviettes de plage et les souvenirs des amis rencontrés tournent en boucle dans la tète. C'est pour ça qu'il y a toujours un silence de mort dans la voiture de mes parents sur le trajet retour des vacances.
Moi, vu que je passais mon été à étudier ma famille, le trajet retour me servait à analiser mon grand frère ou ma grande soeur qui, le regard plongé dans le paysage défilant pensaient à leurs amours d'été. Ca m'amusait de voir mon frère qui lisait la lettre enflammée que sa bien aimée lui avait donné discretement avant qu'il ne monte dans la voiture ou ma soeur qui pleurait en ce rappellant du mec qui lui avait dit qu'elle était "la fille qu'il aimera toute sa vie" sur fond de coucher de soleil.
Bref, c'était silencieux et pourtant bruyant. Le silence fait ressortir tous les petits bruits que l'on entend jamais en temps normal.
Le vent qui passe par les fenètres grandes ouvertes, le reniflement de ma soeur, le papier de la lettre de mon frère qui se tord sous le souffle de l'air, la main de mon père qui tape sur le volant au rythme d'"Envole moi" que chante Jean-Jacques Goldman à la radio et le stylo qui glisse sur les mots croisés de ma mère. Un vrai concert.
Tout ça pour dire que les vacances avec mes parents étaient toujours trés ennuyeuses, sans amis et donc, trés longues. Sauf une année.
Un été, mes parents avaient réussi à avoir l'immense villa d'un oncle qui se trouve sur la côte prés d'Arcachon. Mon grand frère et ma grande soeur étant agés de 18 et 16 ans avaient eu l'autorisation de rester seul à la maison (...). Du coup j'allais me retrouver tout seul, ce qui n'allait pas changer grand chose en fait.
Arrivé dans la villa première chose à faire : découverte des lieux. Pendant que mes parents vidaient la voiture je pris le passe partout et tout en m'approchant de la batisse je regardais l'immense toit monter haut dans le ciel. La première chose que je me suis dit en arrivant dans le hall d'entrée c'est "Je suis dans la maison de Casper". Les murs étaient recouverts d'une vielle tapisserie trés moche et sale, le bois des meubles avaient trés mal vieilli et des toiles d'arraignée recouvertes de poussière pendaient partout comme des bouts de tissu déchirés. Personnellement ça ne me faisait pas peur. Je trouvais ça plutot interressant car il n'y a que la poussière et les marques du temps qui peuvent raconter l'histoire d'une maison. Arrivé dans la salle à manger le détail qui me marqua c'est le carrelage. Il formait d'étranges dessins incomprehensibles mais d'un vert émeraude qui, éclairé par les rayons du soleil passant par les trous des volets, illuminaient presque toute la pièce en vert pomme. Chaque pièce de la villa avait la particularité de m'émerveiller. Par contre c'était (et c'est toujours) un vrai labyrinte. Au bout de 5 mn j'était perdu. Il fallu que je sorte par une fenètre pour revoir la lumière du jour. J'atteri juste sur la plage. Le bassin d'Arcachon s'offrait à moi, son sable chaud sous mes pieds nus, son eau bleu et son ciel illuminé m'éblouhissait. Je me mis à l'ombre de la villa tout en me disant que vu l'état de la batisse mes parents devaient déja en train de la critiquer.
Le soir venu, l'idée de passer toutes mes vacances à découvrir une vielle demeure ne m'enchantait pas trop (bien que ça ne m'aurait pas vraiment dérangé, loin de là). Je pris la décision de tout faire pour pouvoir "m'évader" de cette maison pendant 1 semaine. Tout dabord, trouver une solution pour me débarrasser de mes parents.
Le lendemain matin, mon exploration me fit arriver dans une immense grange où était suspendu des canots de sauvetage ou de vielle barques. Sa sentait le vieux boit sec, le sel et une nuance d'huîtres séchées. Il était étrange de me retrouver au milieu d'un espace aussi immense avec comme plafond des coques de bateaux qui grinçaient au rythme d'un léger balancement. Aprés avoir découvert le haut je découvris le bas. Des vieux outils rouillés, de la terre battue, une vielle planche de surf et une paire de roller. Mais bien sur! Les rollers de mon cousin !!! La seule chose qui puisse me faire bouger (pas de vélo en vue) vers le centre d'Arcachon était cette paire de roller que mon cousin avait oublié ici. Je les enfile. C'est ma taille. Par contre ne sachant pas en faire, je parti avec vers le garage à voiture où le béton lisse et plat allait m'aider pour mon apprentissage. Aprés quelques tours je pouvais avancer, freiner, tourner et tomber sans me faire mal. Ne restait plus qu'a convaincre mes parents de me laisser sortir avec. Pour ça, c'était trés simple : il suffisait seulement de devenir envahissant. Tout dabord commencer à faire du roller autour de la table sur la terrasse pendant que mes parents prenaient l'apéritif avec des amis. Ensuite mettre la musique de mon post trop fort (j'écoutais Thunderdome, compile de hardcore trés stressant pour des oreilles lambda) et pour finir, envahir les pièces principales avec mes affaires, livres, CD et BD. Une aprés-midi et une matinée suffirent. Mes parents "m'invitèrent" à aller faire du roller dans le quartier, mais pas trop loin.
Voilà. Il est 13h15. Je vient de passer le portail de la propriétée. Je suis en roller et je suis libre. La direction où aller ? M'en fou, je suis libre...enfin, jusqu'à 18h30.
Et me voilà parti sur les route d'Arcachon, descendant une immense avenue à l'ombre de gigantesques platanes, mon lecteur CD dans mon sac et mes écouteurs aux oreilles. Il fesait trés chaud et ma difficulté à avançer sur le goudron en roller était telle que l'on aurait dit un alcoolique titubant sur un lac gelé. Quelques voitures me klaxonnèrent soit pour m'encourager (je devais vraiment faire pitié par moment), soit pour m'avertir que j'allais finir sous leurs roues. Heureusement je finis sur la jetée d'Arcachon en entier, juste à coté de la plage prinicipale. Une plage bien bizarre car non pas constituée de sable mais de serviettes, de corp huileux, de ballons, de raquettes, de glaçières et de parasols. Je vis quand mème un petit bout de sable qui m'intriguait un peu. Pourquoi du monde partout, sauf là. Allons-y. Ce rapprochant par le trottoir qui surplombait la plage je m'apperçevais peu à peu que ce carré de sable était en fait un terrain de beach-volley. Tout autour il n'y avait que des groupes de jeunes d'à peu prêt mon age, sauf que eux étaient bronzés, plus grands, plus musclés et plus beaux que moi. Une autre espèce d'humain en quelque sorte. Je regardais surtout les filles en maillot de bain qui étaient avec eux, mais bien sur, en faisant semblant de ne pas les regarder genre, le regard perdu vers l'horyzon, rien a foutre de ces filles, de ces gens, j'ai autre chose en tète moi. C'est ce que j'espérais que les filles penserais, si au moins l'une d'entre elle posait, par hasard, ses yeux sur moi. Et c'est ce qui ce passa. J'entendis tout près "Tu fais quoi la haut ?" Je fis le mec troublé dans ses pensés d'une importance internationnal et baissait la tète pour voir une fille seule couché sur le dos, les coudes relevés sur sa serviette et la tête en arrière. Elle me voyait donc à l'envers. Ma réponse ne ce fit pas attendre. "Je fais semblant de ne pas te regarder." Il y eu un silence suivit d'un banal "T'es tout seul ?". 20 secondes plus tard j'étais sur la plage avec une fille dont je ne connaissais ni le prénom ni l'age. Elle attendait des amis qui étaient partis chercher la cousine espagnole de l'un d'eux. On parla des CD que j'avais avec moi, car elle avait remarqué que j'avais un lecteur CD portable, ce qui pour l'époque était un bijou de technologie et donc un bon trés bon "piège à filles". Mais je ne cherchais pas du tout une relation. Je voulais juste rencontrer du monde. En plus une chose m'horripilait en elle : à chaque fin de phrase sa voix montait dans les aigus comme si son cerveau reptilien allait dans ses derniers retranchements pour pouvoir sortir une ponctuation juste. Je pris donc cette même façon de parler pour me foutre un peu d'elle mais ç'a eu un effet bizarre. Elle me trouva super cool tout d'un coup. Stupéfaction! En été pour ce faire des potes il faut les mimer... c'est là qu'une dizaine de personnes arrivèrent avec des sacs, des serviette et des casques de motos (donc de mobillettes et de scooters). Présentation faite (je tiens à préciser qu'à ce moment là je ne connaissais toujours pas le prénom de la fille) je m'étendis sur ma serviette pour faire celui qui ce sent à l'aise partout quand un des arrivant me demanda si je faisais bien du roller. Je répondis d'un "oui bien sur" tellement naturel qu'il me crut. Il me parla donc de techniques, de pièces de roller et d'autres trucs dont l'existence m'était complètement inconnu. Ce qui ne m'empéchait pas d'être daccord avec lui et de le relancer sur des sujets qu'il m'avait fait découvrir 1mn avant, histoire d'avoir un peu de répartie. Finalement on s'entendait trés bien et il m'invita donc à faire une partie de beach volley avec ses amis. Je me levais de ma serviette pour les rejoindre et c'est là que je la vis. J'avais trés peu regardé les nouveaux arrivants mais, vu que là ils étaient tous couchés sur leurs serviettes, j'avais une vue d'ensemble, elle effaçait tout le reste, Maria. Espagnole de 18 ans, un corps de rève et vétue du plus beau maillot de bain noir du monde. Son regard vert emmeraude ce tourna vers moi et son sourire me désarma en 1 seconde. Je repris mes esprits, mis mes lunettes de soleil et passais à coté d'elle avec un petit "Salut" désabusé. Par malheur elle n'arrétait pas de me regarder ce qui avait la facheuse concéquence de me faire jouer comme une patate au beach volley. Je me demandais ce qu'elle me trouvait. J'était plus petit que les autres, maigre et pas trés beau. "C'est surtout pour ce foutre de ma gueule qu'elle n'arrète pas de me regarder. Je ne suis pas un mec pour elle. Arrète d'espérer Sylvain". Au bout de 10mn je pris la décision de la regarder ouvertement pour lui faire comprendre, graçe à un sourire nié, qu'elle ne m'était pas indifférente. Ce que je fis au moment même où un grand bourrin de l'équipe adverse fit un smatch en plein sur ma tronche. Je tombais en arrière et pendant la chute je fermais les yeux en pensant que plus jamais je ne les ouvrirais de peur de voir les autres en train de ce foutre de moi. Mais à peine tombé sur le sable bouillant je sentis une main fraiche sous ma tête et une voix douce me parler en espagnol. C'était Maria. J'ouvris les yeux et je vis dans son regard qu'elle était réellement inquiète. Je l'ai rassurais quand mon super copain de roller me dit qu'elle ne parlait pas français. Du coup je l'a rassurais en anglais. C'était un rêve éveillé. Une fille parfaite s'interressait à moi et devant des mecs mieux que moi en plus. On passa le reste de l'aprés-midi à ce raconter nos vies ou à s'apprendre des injures dans nos langues respectives ce qui était assez difficile mais aussi trés drole. Quand on y pense, deux personnes de deux langues différentes qui en utilise une troisième pour ce comprendre... On décida d'aller ce promener sur la plage pour profiter du soleil couchant, c'est là que je vis le regard des autres mecs où l'on pouvait lire "je suis jaloux". Je ne pus m'empécher de lacher un "à tout à l'heure" glorieux.
J'avais conscience que si le soleil ce couchait c'est que les 18h30 étaient déja passé depuis bien longtemps et que mon retour n'allait pas être chaleureux, mais à ce moment là je n'en avait rien à faire. J'était avec la fille la plus belle du monde, sur une plage avec comme décor un coucher de soleil magnifique. Mais tout a une fin. Elle devait prendre le train pour rentrer chez sa cousine qui habitait de l'autre coté du bassin. Les quais étaient vides. Le train aussi. Elle monta dans son wagon puis ce retourna vers moi. Elle était déja bien plus grande que moi et le fait qu'elle soit sur-élevé la rendait encore plus majestueuse. Je lui tendis ma main qu'elle prit dans le sienne, elle se pencha tout en ce retenant à la barre de la porte, je me mis sur la pointe des pieds et nos lèvres ce touchèrent. Elle avait gout de sel. Je devais avoir aussi ce gout là. Un controleur siffla le départ du train. J'entendais les portes ce fermer mais je vis qu'elle retenait la sienne pour que notre baiser dure plus longtemps. Le train commenca à rouler, nos mains ce lachèrent, nos lèvres aussi. Mon regard ce fixa dans ses yeux emmeraude qui s'éloignaient de plus en plus et elle disparue derrière la porte de son wagon. Je n'ai pas couru à coté d'elle comme on peut le voir dans les films. Je voulais rester sur cette instant magique où l'émotion est encore intense et non pas partir sur une vue d'elle derrière une vitre.
Je suis resté sur le quais 10mn. Le train, je ne l'entendais même plus. L'endroit avait encore un peu de cette magie romantique et je voulais en récupérer encore les quelques miettes qui y flottaient.
Le retour fut rapide. Mes parents étaient mort d'inquiétude. Mon père s'approcha de moi pour me gifler mais je pus l'éviter avec une phrase : "J'étais avec une fille." Mon père s'arréta net, me regarda et vit sûrement que j'avais les yeux encore pétillant. Il crut que j'avais couché avec une fille pour la première fois ce qui eu l'avantage de ne pas me faire engueuler.
Le soir, dans mon lit, je me promis de revivre des moments de magie comme celui là. Ces moments où le temps n'est plus, où un regard, un voix, une carresse, un baiser vous font voir le monde sous un angle différent, plus beau. Où les nuances de couleurs, de senteurs ce font douces et veloutées. Ces moments que l'on rêve de vivre mais que la plupart du temps on ne fait que rêver. Et bien pas moi. Dans mon lit, dans une villa à Arcachon, ce soir la, je décidais de vivre mes rèves pour vivre ma vie et non plus de survivre à coté de celle des autres.




