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MC8wMDAvMDk5LzAwMDAw ~Calimmacil a écrit le 11 juillet 2008 19:08
La déchirure...

Voilà longtemps que je n'avais pas écrit ici...

Comment traduire ce que je ressens ?
Avec des mots ? Ça me semble impossible... Mais je vais quand même essayer...

Voilà six jours que nous sommes séparés de corps. Je dis de corps, car nos esprits et nos âmes sont toujours étreints. Mais nos corps sont bien loin l'un de l'autre, et c'est de là que vient la douleur...

Ce départ en train je l'ai très mal vécu. J'ai pleuré jusqu'à Lille, et encore moult fois vers Avignon. J'essayais de me contrôler, mais c'était impossible. On venait de m'arracher une partie de moi.
C'est comme se faire amputer d'un bras ou d'une jambe... La douleur est même pire...
Quand on perd une jambe, alors on doit souffrir atrocement. Souffrir de ne plus la voir, là où elle devrait être, de ne plus la sentir contre nous. On regarde à droite et il n'y a que du vide. On a cette sensation qu'il nous manque quelque chose, mais on n'ose que trop peu regarder, car on sait qu'elle ne sera plus là. Mais on regarde quand même, si jamais... Quand on marche on a du mal à avancer, il nous manque quelque chose pour tenir vraiment debout, pour oser se tenir droit, se sentir vivre pleinement dans son corps jadis entier mais qui ne le sera plus. Alors on tâtonne, on essaie, on trébuche... Et toutes les tentatives qu'on pourrait faire pour la remplacer seront vaines : ce n'est pas elle, et ça ne sera plus jamais pareil...
Mais pourtant je pense que l'on doit s'y faire. On accepte, petit à petit, de vivre avec. Elle est partie, elle ne reviendra pas, mais on fait en sorte de continuer à avancer. Quand on trébuche on se relève, on finit par ne plus tâtonner, on avance bien droit, on relève la tête, on la remplace, et on finit par s'y habituer, comme à toute chose...

Toute ? Non...

Je disais que cette douleur était terrible, mais Te perdre, c'est bien pire...
Quand on perd une jambe, on s'y fait, avec le temps. Même si l'acceptation est des plus difficiles au début...
Mais quand on nous arrache cette partie de soi, son être aimé, adoré, adulé, c'est bien pire...

Car on est toujours relié à Elle...

Imaginez... Imaginez perdre un bras, savoir ne plus pouvoir le voir ni le sentir, et pourtant ressentir toujours et à jamais la douleur physique de cette séparation, comme si on vous arrachait le bras avec violence, sans cesse, en déchirant les nerfs, en voyant le sang couler abondamment... A vie... Sans arrêt, sans une seconde de répit, une éternité de tourments mentaux et physiques.

C'est ce que je ressens...

Je suis toujours relié à Elle, par mon âme et mes pensées, toujours inlassablement étreintes dans les Siennes. Mais on me L'a retirée, physiquement. Cette déchirure est d'autant plus douloureuse que je ne peux rien y faire. Je suis loin d'Elle, sans Elle à mes côtés, sans Elle dans mes bras, sans Son odeur, sans Son sourire, sans Son regard, sans toutes ces choses dont j'ai besoin au quotidien pour survivre et dont je suis privé, seul et désarmé, dans une maison et une région qui ne sont pas les Siennes.

Tout en Elle me manque... Je ne suis plus qu'un zombie, un sous-être fait de chair et d'os, mais inerte, sans but et sans vie, errant dans les brumes de cette torpeur, de cette mésaise qui me tiraille le ventre dans tous les sens jusqu'à le faire éclater et saigner. Perdu dans les méandres de ce chagrin presque palpable, de cette détresse quasi tangible. Blessé dans ma chair, des larmes rouges se déversant de cette meurtrissure que je ne peux m'imaginer se refermer. Enfermé, cloitré même, dans cette épreuve, sans espoir d'en sortir, happé par cette douleur qui me fait tout voir en noir, dans cet océan du sang noirâtre de mes plaies, où je sombre sans air et sans force, m'enfonçant de plus en plus, en voyant s'éloigner cette surface d'écume sur laquelle je semblais flotter quelques jours auparavant, avec Elle...

La douleur la plus insoutenable qui existe...

Plus jamais... Plus jamais je ne veux la ressentir. Plus jamais je ne veux être séparé de Toi. Plus jamais cette déchirure qui ne semble jamais devoir guérir...

Plus jamais...

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