~Cassinéa-65670 a écrit le 23 mai 2008 11:12
Différence entre Poireau urbain et poireau Rural
J’attendais depuis longtemps qu’on veuille bien s’intéresser à moi. J’étais le dernier de ma botte… tous mes frères étaient partis, incorporés dans une soupe certainement. Comment allais-je finir ?
Je me rappelle d’un coup mon enfance, lorsque j’étais en terre, dans la campagne profonde, avec mes frères. Que la campagne était belle, que sentait bon le soleil, le haut de mon fût verdissant sous ses rayons chaleureux.
Je me rappelais de tout cela lorsque je les vis arriver, toute une botte de poireaux tout frais. L’expectative fit d’un coup place à l’excitation de n’être plus seul dans mon bac à légumes.
Enfin, moi, Ferdinand, Monstrueux de Carentan, je ne suis plus seul ! Je vais avoir de la compagnie, je ne suis plus le dernier Poireau de la maison…
Mon voisin immédiat se présentât bientôt à moi, il me dit s’appeler Blaize, Bleu de Solaize. Il avait un rien de snobinard dans sa voix. Mais je m’en fichais un peu, nous étions à l’aise (Blaise) et j’étais si heureux d’avoir un cousin à qui parler. Je remarquais qu’il n’avait que peu de terre accroché à ses racines, ce qui ne manquât pas de m’intriguer. Je luis demandais donc de quelle campagne il venait. Il me répondit qu’il avait – heureusement – pas été cultivé en campagne mais en ville, qu’il n’était pas de ces affreux poireaux paysans inculte (1), qu’il était de ces poireau cultivés avec amour par la voisine de notre propriétaire, et qu’il avait été bien marri lorsqu’il avait réalisé qu’il n’aurait jamais de ces jolies fleurs blanches et que sa jardinière ne le goûterai même pas.
J’essayais tant bien que mal de défendre ma position de paysan et celle de mes frères, lui parlant de notre rusticité, des champs de mes frères à perte de vue.
Que nous n’étions pas plus calorique que son espèce et tout aussi riches en fibres J et que de toute façon il y avait de grandes chances que nous finissions dans la même soupe, quiche ou encore potée.
Savait-il que Néron avait été très friand de notre espèce afin de s’éclaircir la voix (il fumait trop le pauvre) ; mais aussi que Le Capitulaire de Villis (2) nous recommandait déjà au moyen âge ? Ou encore que le poireau est l’emblème du Pays de Galle (3)
Oui il savait cela, d’après lui tout le monde le savait dans son potager. Blaise s’étonnait d’ailleurs que moi, campagnard je sois au fait de l’histoire des Poireaux à ce point.
Non je n’étais pas inculte, au contraire, tout ce la m’intéressait et mon plus grand regret était de ne pouvoir en apprendre plus avant de me faire découper, cuire et manger.
Au fil des heures nous nous lions d’amitié, échangeant sur nos histoires… (4)
Jusqu’au moment où l’on est venu nous chercher, je crois que nous allons être intégrés dans un pot-au-feu. Pour le moment nous attendons que l’on s’occupe de nous, notre tour viendra peut-être après ces navets que je vois se faire éplucher et laver… (5)
(1) Ho l’autre hé comment il se la joue !
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Capitulaire_De_Villis
(3) Diana le portait-elle en broche ?
(4) Oui les poireaux ont une vie !
(5) Adieu.




