~Maninha a écrit le 12 mai 2008 08:16
Flash-Back
Je n'ose me souvenir des choses horribles que traîne mon passé; pourtant, souvent la nuit, je ressens la douleur qui me rend folle. Je m'y replonge. Je sens ma poitrine brûler sous les coups, ainsi que sous la rage.. je sens mon coeur frapper très fort. Cela me fait presque mal. Peut-être plus mal encore que les coups. Il cogne contre ma poitrine de peur, de colère, de douleur. Lorsque je ferme les yeux, à chaque fois, je vois défiler les images qui ont fait de moi la personne que je suis, je ressens la peine, je ressens la force qui me guide; " laisse-toi faire " dit-elle, " tu ne peux pas lutter, tu n'en a pas le droit ".
Alors je me laisse faire. Alors ça fait mal. Alors tout mes sens sont en exergue; je vois l'horreur, mon corps mutilé comme celui d'une blonde dans un film d'épouvante pour adolescents, je sens l'odeur du sang, je goûte son acidité, j'entends les insultes mais ne les écoute pas..
L'ouragan passé, que fais-je encore?
Je me relève. Fière, ne pas montrer la peur et l'humiliation. Se diriger vers la salle de bain, toujours. Se déshabiller péniblement, mettre les vêtements souillés par le sang dans le lavabo blanc. Frotter. C'est toujours à ce moment précis que les larmes s'échappent, après ce regard bref dans le miroir, celui qu'on ne veut pas, celui contre lequel on lutte, mais qu'on finit toujours par jeter très rapidement pour avoir une idée de son état. Curiosité malsaine.
Le sang coule, les bleus gonflent. Se mettre sous la douche, et laisser couler l'eau chaude, qui calme les muscles engourdis, et hurler. Crier sa colère, colère contre soi.
Je suis nulle. On ne peut m'aimer, puisqu'on me frappe. Je le mérite. C'est finalement ça la vie. Arrête de penser qu'il existe quelque chose de meilleur pour toi en ce bas-monde, espèce d'égoïste. Contente-toi de ton quotidien, accepte, et deviens meilleure. Tu dois être parfaite pour lui. C'est ton devoir.
Le regard se fait dur dans le miroir de la salle de bain, les larmes s'assèchent, les poings se serrent, parfois la porte reçoit un coup de pied. La mâchoire serrée, je sors, je retraverse la pièce qui a failli ne pas me voir me relever vingt minutes avant. Je suis fière, je dresse ma tête, je marche sans laisser penser que physiquement je ne tiens plus debout. Je souris presque, illusion malsaine.
Et j'enfouis tout ça au fond d'une boîte, rangée dans mon cerveau. Je refoule toutes ces émotions. Et je scelle la boîte.





Ecris et continue d'écrire, car tes mots et ton passé transpercent... Quant à ce Monsieur L., fustige le et ignore, tout le monde est victime de soi-même, encore + de son passé, surtout si ce dernier n'est pas rose...
Solidairement,
Jo