~Astaroth a écrit le 17 février 2008 19:58
The Demon Barber of Fleet Street.
Sombre, gore, déjanté et chanté.
Voilà les quatre mots qui me permettent de résumer Sweeney Todd, le nouveau film de Tim Burton.

Sombre parce que le film l’est, définitivement. L’ambiance, les personnages, les décors. La couleur est presque absente, toujours, tout le temps. On ne la retrouve qu’en de rares occasions sur un pseudo personnage italien, Pirelli, à l’accent prononcé ou pour les souvenirs d’un passé heureux définitivement révolu.
Quoique, plus souvent, on la voit, la couleur rouge cette fois, quand le sang coule. Trop vif, à l’image de la vie qui est pourtant absente de cette pellicule, qui s’est retirée d’elle pour laisser la place à toute l’horreur d’une histoire de vengeance sordide, qui coule et s’en va, laissant des corps à la gorge tranchée par un couteau de barbier.
There's a whole in the world like a great black pit…
Gore parce que les meurtres se suivent. Les effusions sont spectaculaires et maculent, un instant, un univers noir de sa couleur écarlate. Des taches, partout, qui dégoulinent sur le sol, s’accrochent aux vêtements d’un Mister T splendide dans ses délires et sa soif de sang, celle qui ne pourrait prendre fin que par la mort de ce juge Turpin qu’il tenait à un poil de barbe près.
Le tout se terminant dans une apothéose inattendue… ou presque… de violence, de sentiments déchaînés, de mensonges dévoilés et de sang. Encore plus de sang. Toujours plus… Pour notre plus grand plaisir.
… and the vermin of the world inhabit it…
Déjanté parce que ce film n’est qu’un cauchemar éveillé, celui d’un homme qui a tout perdu à cause de la convoitise d’un autre. Plus de femme, plus de fille, plus rien que les années de bagne dont il s’est tiré on ne sait comment.
Sweeney Todd n’a plus rien, même plus son ancien nom… Ne lui restent que ses couteaux de barbier, ses fidèles amis qui l’ont patiemment attendu et l’aideront à assouvir sa juste vengeance. Cruelle, certes, mais qui a dit que la justice devait être autre ?
Qu’importent les morts ! Mister T finira par atteindre le juge et, en attendant, ses victimes nourrissent les ventres de Londres, bien heureux de voir un peu de viande en ces temps de disette, par l’intermédiaire des « délicieuses » tourtes de Miss Lovett, une dame prête à tout pour séduire ce fou de barbier.
…and its morals aren't worth what a pin can spit…
Et enfin chanté parce que ce film est une comédie musicale à lui seul. Et, à ce propos, je bénis le jour où je ne sais quelle personne a eu la glorieuse idée de ne pas chercher à traduire les chansons et à les laisser en version originale !
Car ma plus grande crainte était que l’on ait tout saboté en mettant des voix françaises sur celles des talentueux acteurs que l’on retrouve ici, et surtout de Johnny Depp qui a certainement été coaché par Vanessa pour le coup. Les rimes s’enchainent, les mélodies dures, froides, à l’image des sentiments de ceux qui les entonnent se suivent, se mélangent et donnent au film une atmosphère indescriptible qui emporte le spectateur dans les méandres d’une folie jouissive dont seul Tim Burton a le secret.
…and it goes by the name of London.
Alors…
Never Forget… Never Forgive…






J'aime ta façon de raconter ce film.
Maintenant, j'ai encore plus envie d'aller le voir.
Et bénis soient ceux qui ont décidé de laisser les chansons en anglais ! Ce sont des grands hommes (ou femmes)
Yuzu