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Panda ~planete-99249 a écrit le 12 février 2008 12:07
Petite anthologie absurde dédiée au acomoclitiques

Au comble de sa pilosité, elle gisait nue, imitant l’origine du monde sans se courber. Cela faisait plusieurs minutes qu’elle s’interrogeait ainsi allongée sur le tapis de la salle de bain : « Va t-elle ou ne va-t’elle pas raser ces fichus poils ». Elle les apercevait, s’enchevêtrant dans d’habiles contorsions sur son bas-ventre, et savait que leur destin ne tenait qu’à un fil de rasoir. Elle avait décidé en ce jour de prendre le sujet à rebrousse-poil avant d’envisager une possible tonte à Sion.

Elle n’avait aucun goût en matière de pilosité et ruisselait encore plus d’indifférence quant à sa propre épilation. Elle taillait son gazon privatif au gré des goûts de ses amants de passage mais depuis peu, elle tentait le libertinage avec un libertin âgé, un Philibert de Genève et un A-G du Liberia. D’aucuns penseraient que la situation elle-même est difficilement gérable, mais elle passait de l’un à l’autre avec une aisance pleine de grâce dans cet amas de graisse (elle aimait les hors d’œuvre et les gros chefs d’ouvrage). Il existait néanmoins un petit détail qui l’obligeait sans cesse à sacrifier les goûts de deux amants au profit d’un troisième. L’un lui demandait en effet un sexe impubère, l’autre un sexe touffu et le dernier un rasage en forme de « ticket de métro ». Nul moyen en plus d’envisager un postiche dans cette situation, ce pastiche serait de suite décelé au tribunal de l’in-kiki-sition ; il fallait donc choisir une coupe de poils pour l’hiver.

Elle savait que ce conflit poilitique durait depuis la nuit des taons et se remémorait un documentaire qu’elle avait vu sur Canal R-42. Au commencement Adam et Eve étaient dépourvus de poils mais dieu surpris Eve en train de croquer dans la pomme d’Adam et décida pour les punir de planter du gazon sur leur périmètre sexué et d’en inclure dans leur ADN. Christophe Colomb, fut la première personnalité qui exprima des goûts francs en matière de pilosité ; il ramena donc en 1493, six filles lisses des Amériques, MST (Mode Sexuellement Transmissible) qui se répandit de sexes en sexes jusqu’à notre ère où les monts de vénus subissent la plus intense déforestation de l’histoire des pubis. Cette déforestation ne laissa pas certaines femmes indifférentes et soutenues par le CCDFB (Comité Central de Défense des Femmes à Barbe), ce groupuscule poilu décida en 1967 de lutter corps accords pour que les poils pubiens soient reconnus comme une espèce en voie de disparition. Le CCDFB tua de nombreux animaux, avec une froideur non dénuée d’esthétisme, principalement des ruches (pour éviter la production de cire) et des rats (pour éviter la reproduction des rats-Oir). Ces actions ultra-violentes en direction des animaux choquèrent l’opinion pudique et les principales protagonistes furent rattrapées par la peau lisse. Des années plus tard, Le Cercle des Acomoclitiques se jumela avec le Club des fumeuses de cigares et le nombre de leurs adhérents ne cessa de prospérer (youpla boum) ; leur influence dans les milieux mafieux fut certaine et les membres les plus gradés s’enrichirent grâce au trafic clandestin de rasoirs, au chantage pour l’épilation et au travail au noir d’esthéticiennes. Mais peu à peu, ils perdirent de leur influence car l’ère du « sans poil commercial » venait de naitre et le premier salon légal d’épilation des poils vit le jour sous le nom de « face j’épile, pile j’efface » en 1976. La première pub apparut dans les mêmes temps à la télévision et ventait les mérites de la crème dépilatoire avec un slogan « le poil, c’est plus bien » ; cette pub passait toujours deux fois de suite et on parlait donc de pub-bis. L’apparition d’une grande marque de champagne elle-même tira son nom d’un sexe lisse. Monsieur Chandon craquait en effet pour le sexe lisse de sa maitresse beur, qu’il appelait affectueusement « ma motte ». Il fondait pour elle et lui rendit donc hommage en nommant son champagne le Motte&Chandon



Elle choisit alors de céder à la mode plutôt qu’aux hormones (les poils pubiens disséminant les fer-aumônes), mais ne pouvant se couper l’abricot en deux, elle décida le rasage partiel. A défaut d’aller au 7è ciel, au moins aura t-elle toujours un ticket de métro nommé désir.

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1 commentaire

Waah génial
Je suis fan de votre plume, à défaut de poils
Reste à trouver la signification d' acomoclitique
Mais très joli texte =)

~Slappy-31494 a dit il y a 3 ans
Panda

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