~Y@go a écrit le 11 février 2007 06:20
[Regard] Hein, dépendance?
Dans un précédant article j’évoquais de façon romancée la souffrance d’un vieil homme veuf depuis quelques années.
Mais la solitude est bien loin d’être l’apanage des personnes âgées.
En effet, c‘est aussi de mon propre sentiment que je parlais à ce moment là.
Officiellement célibataire depuis près de quatorze mois après une relation suivie de quatre ans, j’avoue que j’ai parfois des moments un peu difficiles.
C’est particulièrement vrai quand je me couche et au réveil. En effet, un lit double, seul, c’est grand. Bien sûr c’est très agréable de pouvoir s’étaler de tout son long en travers du matelas; mais parfois cet espace devient presque oppressant. Tout comme le silence qui l’accompagne en ces instants de repos.
Je n’ai jamais apprécié le silence et le calme et c’est encore plus vrai désormais.
Mon cerveau se met en mode veille et mes pensées vagabondent. Tous les petits soucis de la vie remontent d’un coup et tournent en long et en large.
Impossible de dormir.
J’ai bien un remède pour cet état de fait. Dormir avec la radio en mode « sleep »
90 minutes de musique, c’est en principe suffisant pour que Morphée passe m’attraper.
Mais le problème se renouvelle au réveil.
C’est donc assez souvent que je me surprends à dormir sur le canapé (lit) devant la télévision. Le bruit de fond de cette dernière me berce gentiment et la place très relative disponible sur un canapé ne me donne guère envie de m’attarder le matin.
Sans compter que, me trouvant dans la pièce centrale de mon deux pièces, tout mon petit univers est juste à côté de moi.
En fait, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours redouté l’absence et le silence.
Ma mère m’a souvent raconté que, tout petit, je pleurais à chaudes larmes dès qu’elle mettait une porte entre nous. Ne serait-ce que pour aller prendre une douche par exemple.
Plus tard, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai senti la panique monter car je ne la trouvais plus dans un centre commercial ou que sais-je.
J’ai également le souvenir d’un cauchemar récurant. Mes parents disparaissaient dans des circonstances peu claires suite au déclenchement d’une machine abracadabrante par mes soins. Bien souvent, je me suis réveillé en larmes.
Une fois même, je me suis levé et ai été pris de terreur en découvrant que la chambre à coucher était vide. Pris de panique, j’ai réveillé Myriam et lui ai expliqué je ne sais quoi, complètement paniqué, avant de finir dans le hall de notre immeuble perdu et pleurant de bon cœur.
C’est finalement le grand fils de la voisine du dessus qui était venu regarder ce qu’il se passait et me consoler en m’apprenant que mes parents étaient tout simplement allés se balader pour profiter de la douceur de cette soirée estivale.
Encore aujourd’hui, quand un de mes proches a un retard non annoncé conséquent, je me fais facilement du mauvais sang en tentant bien sûr de relativiser.
Parallèlement, vous ne me croiserez jamais éveillé dans un endroit totalement silencieux.
Si aucune musique ne m’accompagne, c’est que les bruits extérieurs sont suffisants pour troubler le calme ambiant ou alors que je ne suis pas en position de remédier à la situation.
En y regardant de plus près, une bonne partie de ma vie est basée sur ces considérations d‘ailleurs.
Professionnellement par exemple, il y a fort à parier que je ne travaillerai jamais en indépendant. Tout comme il est probable que je n’habiterai jamais seul une maison isolée.
Socialement également, on sent une influence certaine. Je suis quelqu’un de passablement timide sur le fond, mais ne supportant pas d’être seul, j’ai dû développer un certain sens de la communication.
Ainsi, j’ai passablement de facilité à entrer en contact avec des personnes que je ne connais pas. Dépassant ainsi les barrières de ma timidité.
Quelle est votre relation par rapport à l’isolement?
Qu’il soit phonique, relationnel ou social...




