~BobbyJoe-1823 a écrit le 9 novembre 2007 19:06
Pas de titre
Prenons deux personnes de sexe opposé, au hasard, disons un homme et une femme. Fournissons à l'homme un sexe de taille moyenne, un corps modérément poilu, un physique plutôt avenant et des mains avec cinq doigts chacune. Equipons-le d'un tas de choses essentielles à l'affirmation de sa virilité, telles que des couilles, une pomme d'Adam, un ego surdimensionné et une aptitude toute particulière à détecter les zlips propres à l'odeur.
Procurons maintenant à la femme une paire de seins en forme de poires fermes et juteuses, un corps relativement doux au toucher, une silhouette fine mais ondulante et un pubis entretenu mais pas rasé. Dotons-la d'un tas de trucs important pour établir sa féminité, comme un vagin tout doux, une voix fine, sensuelle et chaude dans l'oreille, une jalousie héréditaire et une capacité foutûment développée à faire des montagnes d'une broutille.
Plaçons ces deux personnes, l'une en face de l'autre, en position assise, devant un café, entourés d'inconnus, dans un bistrot situé à Paris, dans une petite rue pas trop passante. Disons un troquet où le café est à 2€20, ça plante bien le décor.
Plantons-leur une cigarette allumée dans la bouche, faisons croiser leurs regards. L'homme devra s'efforcer de paraître sûr de lui, à l'aise. La femme laissera voir quelques signes, feints, de trouble, d'impatience et de désir qui ne devra pas donner l'impression d'être sexuel.
Lançons maintenant une conversation à propos du cinéma français, et orientons-la, au bout d'un moment, sur les préférences de nos deux protagonistes pour tel acteur ou actrice. Ils auront ainsi tout à loisir de détailler leurs goûts respectifs en matière de sexe opposé, en utilisant des figures connues et publiques, donc non soumises à la jalousie.
Faisons aller la femme aux toilettes. En se levant, offrons au regard de l'homme la vue de ses fesses moulées dans un jean ou de ses cuisses découvertes par une jupe. Laissons-la aux toilettes le temps nécessaire à l'homme pour dissimuler son érection naissante. Mettons à profit le temps obtenu en faisant réfléchir la femme à la façon dont elle pourrait inviter l'homme chez elle sans pour autant lui faire comprendre qu'elle aimerait bien l'inviter en elle alors que c'est quand même ce qu'elle veut.
A son retour, faisons-la parler dans le vide pendant que l'homme, sans l'écouter mais en prononçant de vagues encouragement pour qu'elle développe son propos, essaye de détecter, uniquement à l'aide des muscles de sa fesse gauche, si le préservatif de secours dans son portefeuille n'a pas été utilisé la semaine précédente.
Faisons régler l'addition par l'homme, sans toutefois omettre une vague et unique protestation de la femme.
Faisons-les se lever, gênés de se quitter alors qu'aucun des deux n'en éprouve le besoin ni l'envie. Laissons à la femme le soin d'affirmer sa féminité émancipée et libérée du joug masculin depuis les années 60 en prenant les devants et en proposant de finir la soirée chez elle alors qu'il n'est que 14h32. Offrons à l'homme le plaisir sans pareil de pouvoir se permettre l'hésitation en prétendant un quelconque rendez-vous avec un ami inexistant.
Laissons-les marcher dans une rue, pavée de préférence pour que la femme puisse exposer sa maîtrise de la chaussure à talon haut même en milieu pavé, et avec beaucoup de passantes au physique plus avantageux que la femme, pour que l'homme puisse ne pas quitter la femme du regard et prouver qu'il n'a d'yeux que pour elle.
Faisons-le hésiter entre le taxi et le métro, tout en sachant d'avance qu'ils vont prendre le taxi.
Laissons le silence s'installer dans le taxi.
Laissons-les monter les marches de l'immeuble doucement, la femme pour laisser le temps à l'homme de l'embrasser avant d'ouvrir la porte, l'homme pour avoir le temps de trouver le courage de l'embrasser avant qu'elle n'ouvre la porte.
Faisons-les faire l'amour de façon plutôt médiocre.
Laissons la femme lui proposer un autre café, et laissons l'homme opter plutôt pour un Martini. Trouvons un détail quelconque dans l'appartement féminin pour lancer une conversation passionnante qui durera plusieurs heures.
Faisons-les faire l'amour à nouveau, mais cette fois-ci, faisons en sorte que la tendresse soit à la base du plaisir. Faisons-les jouir ensemble, l'un dans les bras de l'autre, les yeux chargés de sentiments qu'ils n'oseront pas dire tout de suite, de peur de faire fuir ou d'être chassé.
Laissons-les s'endormir l'un contre l'autre.
Pensons à régler le voisin du dessus pour qu'il fasse du bruit en plein milieu de la nuit, pour que la femme soit réveillée et qu'elle en profite pour se blottir un peu plus tout contre l'homme.
Réglons le calendrier sur un dimanche.
Revenons dans quelques mois avec une valise chargée de doutes, d'envies, d'hommes à l'humour plus ravageur et à la culture plus étendue, de femmes aux seins plus gros et aux jambes plus fines, et voyons ce que ça donne.




