~Trollinou a écrit le 17 octobre 2007 12:26
A l'aumônier de la détresse
Ainsi en va-t-il des individus qu'on s'obstine à croiser sous peine d'être qualifié d'autiste, d'ermite, d'anachorète, ou de connard pour ceux qui s'abaissent à fréquenter les cercles les moins lettrés de notre aimable capitale : au même titre qu'une grenouille obsédée par son tour de taille, ils gonflent (mes lettres s'arrètent aux cours de français de sixième, merci de ne pas le faire remarquer).
Comme une baudruche, c'est quelque chose de progressif. D'abord, tout va bien, aucune médiocrité ne vient souffler son fiel dans le goulot d'une relation -soyons honnête- satisfaisante. Et puis tout doucement, avec cette lenteur implacable qu'on prête aux escargots mais qui sied tout autant aux limaces serviles qui laissent sur nos vies les innombrabes et gluants sillons d'une solitude offerte, la baudruche se tend, et son volume augmente.
D'abord c'est une gêne, le léger sentiment qu'on en retire bien moins qu'on nous prend.
Ensuite, c'est une aigreur qui rend nos langues agiles de commune mesquinerie.
Enfin, c'est un tonnerre qui brutalement s'abat et pétrifie (dans la plus totale des indifférences, et parfois dans la plus cruelle des douleurs) l'objet de ce-dit gonflement.
Et puis ce sont les cendres, et les pensées absentes, du genre "mais à quoi ça servait, de se forcer ?".
Si j'étais une baudruche, je serais un dégonflé. Mais il y a des paires de baffe qui se perdent.




